France Bleu

Première fois : deux semaines aux commandes de la matinale de France Bleu Besançon


Première expérience d’animation de la dense tranche de la matinale semaine sur la première radio de Franche-Comté.

« Est-ce que la matinale semaine est quelque chose qui te fait rêver ? ». C’est par ceux mots que mon responsable des programmes (le responsable de l’équipe d’animation) m’a sondé. « Pourquoi pas », ai-je répondu. Ça me faisait rêver, ça, c’est sûr ! De là à dire que j’en étais capable, c’était une autre paire de manches. Heureusement, il y avait un compromis : je faisais la matinale semaine, oui, mais pendant les vacances d’été, avec un petit allègement du contenu. C’est pour cette raison que j’ai accepté !

Heureusement, ça me faisait éviter aussi les matinales filmées (en période estivale, la matinale semaine n’est pas filmée, contrairement à habituellement) auxquelles je n’ai pas hâte d’être confronté. Et me voilà parachuté aux commandes de la matinale de la première radio de Franche-Comté !

Quelle(s) différences ?

D’abord, le rythme ! En matinale semaine, c’est la course ! Si l’on a parfois le temps de discuter longuement avec nos invités et auditeurs à certains moments de la journée, ça n’est vraiment pas le cas pour le 6h-9h en semaine. Les émissions sont millimétrées et le pas de côté est rarement possible. Il faut donc toujours avoir les yeux sur l’horaire et vite rattraper son retard (ou combler son avance, mais c’est plus rare) si l’on ne veut pas envoyer les infos à 7h02. Ce ne serait pas dramatique pour les auditeurs, soit, mais la ponctualité est une qualité primordiale de la radio. Chez tous ceux qui nous écoutent, la radio est le coq du village : qui ne s’est pas déjà dit le matin en écoutant la radio : « Tiens, lui, je l’entends en montant dans la voiture d’habitude. Là, je suis encore dans la salle de bain : je suis à la bourre ! ». Si la chronique part deux minutes en retard, les repères de nos auditeurs sont perturbés et la radio perd une partie de son utilité.

Le saviez-vous ?

À la différence de la télévision, la radio est « vraiment en direct » : ce qui sort de votre poste à l’instant t est, à 2-3 secondes près, ce qui se passe à ce même instant t dans le studio. Il n’y a que très peu de décalage, contrairement à la télévision pour laquelle le délai entre l’émission et la réception est d’environ 30 secondes, voire plus.

Et puis le réveil aux aurores, qui pique un tantinet : le réveil est programmé à 3h35 du matin. En principe, comme pour le week-end, j’arrive une heure et demie avant l’antenne, donc vers 4h30 à la station. Inutile de vous dire que je réveille la station endormie ! Inutile de dire également que je ne fais pas de vieux os le soir, avec une heure de coucher fixée approximativement aux alentours de 20h30. Le sommeil, c’est important !

Challenge relevé : réduire les notes !

Il faut être honnête, beaucoup de choses sont écrites en radio. Les animateurs radio ne sont pas des sur-hommes, et ils ne peuvent pas improviser leur émission de A à Z. En revanche, les pros écrivent beaucoup moins. Les débutants, comme moi, écrivent beaucoup. C’est pourquoi je perdais énormément de temps à écrire de longs moments d’antenne (pas tout, quand même !) avant l’antenne. Sur mes 16 heures de préparation prévues par semaine, je passais finalement 16 heures complètes à écrire mes émissions, devant rester plus tard au travail pour avoir le temps de planifier mes rendez-vous et trouver des idées.

Lorsque je me suis lancé dans l’aventure de la matinale en juillet dernier, je me suis lancé ce défi : « Si tu veux faire de l’animation radio ton métier, tu dois te forcer à moins écrire ». C’était primordial ! Désormais, de 16 ou 17 pages de notes en moyenne, je passe à 8. Je prépare encore mes interviews et quelques sommaires. Le reste est improvisé. C’est un gros soulagement en termes de préparation. Et même si je ne quitte pas le travail plus tôt, j’ai au moins le temps de préparer davantage mes interviews avec mes invités.

Et le bilan est très positif, parce que les notes abondantes que j’avais sous les yeux me restreignaient à un ton pas forcément naturel, et surtout m’exposaient à la panique lors de changements dans l’émission. Je me suis rendu compte en plus qu’elles n’étaient pas forcément nécessaires, car tout se passe bien sans elles !

La radio, ça s’apprend, mais ça s’apprend avec la pratique et la pratique régulière, de préférence !

Bonus

Si ce n’est pas très original de fournir des extraits d’animation d’antenne (je peux évidemment en fournir sur demande), il est beaucoup plus original de partager ce moment mémorable d’antenne aux côtés de notre journaliste, Dylan Jaffrelot. « Pascal Obispo, et non pas Obistro ».


Hugo Petitjean